Industrialisation : ce que Libreville veut apprendre d’Addis-Abeba
- Le corporate
- 24 septembre 2025
- Editorial
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Le ministre gabonais de l’Industrie et de la Transformation locale, Me Lubin Ntoutoume, a reçu en audience, la semaine dernière, l’ambassadeur d’Éthiopie au Gabon, Mekuria Getachew Worku. Cette rencontre a permis d’aborder le renforcement de la coopération bilatérale, avec un accent particulier sur l’énergie et la transformation locale, deux secteurs jugés stratégiques pour la diversification de l’économie gabonaise.
L’Éthiopie, qui a récemment inauguré le Grand barrage de la Renaissance (GERD), s’impose aujourd’hui comme un modèle africain en matière de production énergétique. Cet ouvrage monumental, haut de 170 mètres et long de 1 800 mètres, affiche une capacité installée de 5 150 MW — soit 12 à 13 fois la capacité actuelle du Gabon — ce qui en fait le plus grand barrage hydroélectrique du continent.
Au-delà de sa prouesse technique, le GERD constitue un levier majeur pour l’industrialisation de l’Éthiopie. Il permet de répondre à une demande intérieure croissante tout en générant des revenus grâce à l’exportation d’électricité vers les pays voisins.
Pour le Gabon, engagé dans une politique de transformation locale et de développement de ses pôles industriels, l’expérience éthiopienne représente une source d’inspiration. Libreville cherche à valoriser ses ressources naturelles — bois, manganèse, pétrole, agriculture — en développant des filières de transformation capables de générer de la valeur ajoutée et des emplois qualifiés, a indiqué le membre du gouvernement.
L’exemple d’Addis-Abeba, qui a su mettre en place des zones industrielles intégrées et attirer des investisseurs étrangers dans des secteurs comme le textile, l’agroalimentaire ou la chimie, illustre le potentiel d’une telle stratégie.
Le Gabon dispose d’un potentiel hydroélectrique important mais encore sous-exploité. En s’inspirant du modèle éthiopien, il pourrait sécuriser son approvisionnement énergétique, soutenir la croissance de ses zones économiques spéciales — Nkok, Ikolo, Mandji — et renforcer sa compétitivité. Autant dire que les deux pays esquissent les contours d’un partenariat Sud-Sud ambitieux.



