Secteur pétrolier : le Gabon impose la fin des contrats précaires d’ici décembre‎

Sous l’impulsion de l’Organisation nationale des employés du secteur pétrolier (ONEP) et dans la droite ligne du discours présidentiel du 29 août dernier – au cours duquel le Chef de l’État a appelé à « appliquer les textes en matière de droit du travail en République gabonaise,» – le gouvernement gabonais a engagé une vaste opération de régularisation de l’emploi dans le secteur pétrolier, longtemps marqué par des pratiques précaires et discriminatoires.

‎Sous-traitance abusive, contrats opaques, non-respect des jours de récupération sur site, inégalités flagrantes de traitement entre nationaux et expatriés, sont parmi les griefs régulièrement dénoncés par les syndicats du secteur, en violation du Code du travail.

‎La semaine dernière, une réunion qualifiée d’« historique » par le ministère du Pétrole a réuni les principaux acteurs du secteur, en vue de mettre fin aux abus et garantir l’application stricte des textes en vigueur.

‎Le ministre du Pétrole, Sosthène Nguéma Nguéma, assisté de son collègue du Travail, Patrick Isaac Barbera, a fixé à décembre 2025 la date d’application totale de ces mesures, avec une première évaluation prévue en octobre. « La dignité des Gabonais ne se négocie plus », a martelé M. Nguéma Nguéma, reprenant la promesse du président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguéma.

‎De son côté, le ministre du Travail a précisé que les contrats d’un mois renouvelables seront désormais proscrits. « Nous disposons d’une panoplie contractuelle – CDD, CDI, contrats de mission ou d’ouvrage – qui permet de lutter efficacement contre la précarité contractuelle », a-t-il affirmé.

‎Le secteur pétrolier représente près de 38 % du PIB et 70 % des recettes d’exportation du Gabon, selon la Banque mondiale (2024). Pourtant, les conditions de travail des nationaux y restent souvent éloignées des standards internationaux. Plusieurs travailleurs ont salué l’initiative gouvernementale, tout en appelant à une application rigoureuse sur le terrain. « Les entreprises pétrolières sont puissantes et habituées à contourner les règles », confie un cadre du secteur sous couvert d’anonymat.

‎Le gouvernement dispose désormais de trois mois pour convaincre, en assainissant un secteur stratégique pour l’économie gabonaise. Ce d’autant plus que d’autres secteurs, à l’instar des Mines, l’objet de récriminations similaires, et pourraient être concernés par des réformes à venir.