Gabon : un audit rigoureux des ordonnances en attente pour assainir les finances publiques
- Le corporate
- 17 septembre 2025
- Editorial
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Le Ministère de l’Économie, des Finances, des Participations, de la Dette en charge de la lutte contre la vie chère a annoncé à travers un communiqué le lancement d’un audit exhaustif des ordonnances de paiement en instance auprès du Trésor public. Cette opération, qui couvre les exercices 2022 à 2025, marque une nouvelle étape dans la stratégie de rétablissement de la discipline financière et de transparence budgétaire.
L’audit vise à vérifier la conformité et la légitimité des créances détenues par les opérateurs économiques sur l’État.
Les entreprises concernées disposent d’un délai du 22 au 30 septembre 2025 pour soumettre un dossier complet comprenant conventions de marchés, bons de commande, factures certifiées, ainsi que les justificatifs fiscaux et sociaux.
Passé ce délai, les ordonnances non justifiées seront purement et simplement annulées, une mesure inédite qui envoie un signal fort sur la volonté du gouvernement d’assainir la dépense publique.
Cette initiative traduit la volonté des autorités de mettre fin aux pratiques qui ont longtemps fragilisé la gestion des finances publiques.
En renforçant le contrôle des engagements de l’État, le Gabon cherche à :
• réduire l’arriéré des dettes publiques,
• rétablir la confiance avec ses fournisseurs et partenaires financiers,
• et améliorer sa crédibilité auprès des bailleurs de fonds et agences de notation.
Dans un contexte économique marqué par une nécessaire diversification des sources de revenus, cette transparence accrue peut contribuer à attirer davantage d’investissements privés et à faciliter l’accès à des financements extérieurs à des conditions plus avantageuses.
Si la démarche s’inscrit dans une logique de bonne gouvernance, elle comporte également des défis. Pour de nombreuses PME et TPE, les paiements attendus représentent une bouffée d’oxygène indispensable à leur trésorerie. L’annulation de dossiers mal constitués pourrait fragiliser certaines entreprises locales.
La réussite de l’opération repose donc sur un équilibre entre rigueur et pragmatisme :
• rigueur, pour mettre fin aux irrégularités et renforcer la discipline budgétaire ;
• pragmatisme, afin de ne pas pénaliser des acteurs économiques de bonne foi, souvent confrontés à des contraintes administratives.
Au-delà de l’audit, ce chantier s’inscrit dans un mouvement plus large de modernisation de la gestion publique. La rationalisation des dépenses et le suivi rigoureux des engagements financiers devraient, à terme, instaurer une culture budgétaire basée sur la transparence, la responsabilité et la performance.
En clarifiant ses comptes, le Gabon envoie un message positif aux marchés et aux investisseurs : celui d’un État déterminé à renforcer sa gouvernance économique et à se projeter dans une trajectoire de croissance durable.



