Attijariwafa Bank : une performance record en CEMAC qui illustre les nouveaux équilibres bancaires en Afrique centrale
- Le corporate
- 3 septembre 2025
- Editorial
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En 2024, Attijariwafa Bank a franchi un cap majeur dans son implantation en Afrique centrale. Ses filiales établies au Cameroun, Congo, Gabon et Tchad ont enregistré un bénéfice net cumulé de 66,7 milliards FCFA, soit une progression de 21 % par rapport à 2023. Ce résultat confirme la montée en puissance du groupe marocain dans une zone longtemps dominée par les acteurs locaux et quelques banques internationales.
La performance d’Attijariwafa Bank intervient dans un contexte où la CEMAC bénéficie d’une relative embellie macroéconomique. La reprise des cours du pétrole et du gaz, combinée à une gestion plus rigoureuse des finances publiques dans certains États, a permis de stabiliser l’environnement bancaire. Cette dynamique a favorisé une hausse de la demande de crédits, notamment pour le financement des infrastructures et des petites et moyennes entreprises.
Le Cameroun, principal marché de la zone avec plus de 40 % du PIB régional, a constitué la locomotive des résultats. Mais le Gabon et le Congo, également producteurs d’hydrocarbures, ont contribué à la croissance grâce à la hausse des liquidités dans leurs circuits économiques.
Stratégie : synergies régionales et digitalisation
Au-delà de la conjoncture, Attijariwafa Bank a su mettre en œuvre une stratégie offensive. La banque s’appuie sur un modèle régional qui combine :
• Synergies entre filiales pour optimiser les coûts et mutualiser les ressources ;
• Diversification des services, notamment à travers la banque digitale, qui attire une clientèle jeune et connectée ;
• Accompagnement des PME et financement des projets structurants, en réponse aux priorités des gouvernements.
Cette approche lui permet de s’imposer face à une concurrence marquée par la présence d’acteurs historiques tels que BGFI Bank ou encore les filiales de groupes français.
Si la trajectoire est positive, elle n’est pas exempte de défis. Les économies de la CEMAC demeurent fortement dépendantes des matières premières, ce qui rend leurs systèmes financiers vulnérables aux chocs extérieurs. Par ailleurs, la question de la bancarisation reste centrale : selon la BEAC, moins de 20 % de la population adulte dispose d’un compte bancaire dans plusieurs pays de la zone.
Attijariwafa Bank devra donc concilier ses ambitions de rentabilité avec une contribution plus forte à l’inclusion financière et à la résilience des économies locales.
Avec cette performance record, Attijariwafa Bank confirme son statut de banque panafricaine de premier plan. Le groupe, déjà leader au Maroc et présent dans 15 pays africains, consolide sa position en Afrique centrale, un marché stratégique encore en pleine transformation.
L’année 2024 marque ainsi un tournant, non seulement la rentabilité est au rendez-vous, mais elle traduit également une évolution des équilibres bancaires dans une région où la concurrence s’intensifie et où les besoins de financement restent considérables.



