Un coup de maître de la finance panafricaine : Alain Nkontchou s’impose comme actionnaire de référence d’Ecobank

Le 15 août 2025, Nedbank Group a annoncé la cession de sa participation de 21,22 % dans Ecobank Transnational Incorporated (ETI) à Bosquet Investments Ltd., véhicule d’investissement de l’homme d’affaires camerounais Alain Nkontchou. Montant : 100 millions de dollars.

Sous réserve d’approbations réglementaires, l’opération sera bouclée au quatrième trimestre 2025. Elle portera à près de 24 % la part détenue par la famille Nkontchou dans Ecobank, en incluant les 2,86 % déjà acquis via Enko Capital, société panafricaine de gestion d’actifs fondée par Alain et son frère Cyrille.

La recomposition silencieuse du capital

Cette opération dépasse le simple échange d’actions. Elle incarne la mutation du capital bancaire africain : là où les partenaires étrangers se retirent, des investisseurs africains prennent le relais.

Le désengagement de Nedbank, lié à un recentrage stratégique, ouvre la voie à un acteur qui connaît parfaitement Ecobank. Ancien président du conseil d’administration (2020–2024), Alain Nkontchou a déjà marqué l’histoire du groupe.

Pour le directeur général Jeremy Awori, ce rachat illustre « la solidité d’Ecobank et sa capacité à attirer des investisseurs africains de long terme ».

Une opération stratégique

Avec sa présence dans 33 pays, Ecobank reste une institution unique sur le continent. En devenant actionnaire de référence, Alain Nkontchou consolide son influence et envoie un signal fort :
• Leadership renforcé : il obtient une voix décisive dans la stratégie du groupe.
• Rapatriement du capital : l’africanisation de l’actionnariat gagne en intensité.
• Effet d’entraînement : l’opération pourrait inspirer d’autres capitaux africains à investir dans leurs propres champions.

Le financier discret

Formé en France et aguerri dans la haute finance internationale, Alain Nkontchou a bâti sa réputation chez JP Morgan, Merrill Lynch et BNP Paribas avant de cofonder Enko Capital. Peu médiatisé mais influent, il confirme ici son rôle de stratège de la finance panafricaine.

Une nouvelle ère pour la gouvernance africaine

Au-delà de l’opération, c’est une tendance de fond : la montée en puissance d’investisseurs africains crédibles dans la gouvernance des grandes institutions. Avec ce rachat, Alain Nkontchou n’écrit pas seulement une page personnelle, il participe à une reconquête économique où l’Afrique reprend progressivement la main sur ses propres leviers financiers.