Gabon : cap sur les réformes pour une souveraineté économique et une croissance à deux chiffres

Le 12 août, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a présidé un Conseil des ministres stratégique, posant les jalons d’un virage économique décisif. Objectif affiché : hisser la croissance à au moins 10 % à moyen terme, grâce à un secteur non pétrolier innovant, créateur d’emplois et moteur de la diversification.

Rigueur budgétaire et gouvernance renforcée

Première pierre de l’édifice : un plan d’ajustement budgétaire strict pour assainir les finances publiques tout en protégeant les plus vulnérables. Ce dispositif s’accompagne d’un suivi-évaluation resserré sur chaque projet, afin de garantir efficacité et transparence.

La modernisation fiscale constitue un autre levier majeur. Le gouvernement introduit un prélèvement automatisé pour optimiser la collecte et élargir l’assiette fiscale. Parallèlement, l’État entend mettre fin aux pratiques fiscales dérogatoires qui minent la compétitivité, et imposer la transformation locale des minerais comme norme industrielle.

Réorganisation stratégique des secteurs clés

Dans les hydrocarbures, un transitaire national verra le jour pour restructurer les flux commerciaux et assainir les opérations. Côté finances publiques, la mise en place accélérée d’un compte unique du Trésor assurera une meilleure traçabilité et centralisation des ressources, renforçant ainsi la discipline budgétaire.

Le secteur des jeux de hasard, jusqu’ici peu régulé, sera encadré par un intégrateur-agrégateur national, confié à e-Tech SAS en partenariat avec un opérateur canadien. Objectifs : supervision des flux financiers, garantie des gains, et lutte contre les dérives illégales.

Valorisation de l’économie informelle

Certaines activités du secteur informel – comme le commerce de proximité ou la réparation de téléphones – seront désormais réservées aux opérateurs nationaux et accompagnées vers la formalisation, afin de structurer un pan essentiel de l’économie et d’inclure les micro-entrepreneurs dans le circuit formel.

Infrastructures et urbanisme : un financement majeur

Le Gabon obtient 138,7 millions d’euros de la Banque mondiale pour le Projet de développement urbain (PDUG). Ce programme vise à moderniser les infrastructures, désengorger Libreville et dynamiser des pôles régionaux tels qu’Oyem, Franceville ou Mouila. En parallèle, la création d’un laboratoire national du BTP garantira la qualité et la durabilité des matériaux et des ouvrages.

Ces mesures, mêlant réformes structurelles et investissements ciblés, traduisent une ambition claire : faire du Gabon une économie souveraine, diversifiée et compétitive, tout en inscrivant la croissance dans la durée.