Gabon : une dette publique en hausse mais sous contrôle
- Le corporate
- 7 août 2025
- Editorial
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La Direction générale de la Dette publique du Gabon a publié son dernier bulletin statistique, révélant l’évolution récente de la dette du pays. Ces chiffres, arrêtés au 31 mars 2025, permettent de mieux comprendre la situation financière de l’État et la façon dont les emprunts sont utilisés pour financer les projets nationaux.
À cette date, le montant total du service de la dette publique – c’est-à-dire l’ensemble des paiements effectués pour rembourser les prêts, les intérêts et les frais – atteint 700,9 milliards de FCFA. Ce total se décompose en 332,2 milliards pour la dette extérieure, et 368,7 milliards pour la dette intérieure.
Si l’on compare ces chiffres avec ceux du premier trimestre 2024, on constate une augmentation de 321,4 milliards de FCFA, ce qui représente une hausse notable. Elle s’explique principalement par l’augmentation du paiement de la dette extérieure (+140,3 %) et, dans une moindre mesure, de la dette intérieure (+52,8 %).
Les règlements, c’est-à-dire les paiements réellement effectués, atteignent 697,6 milliards de FCFA. Une petite part, 38,6 milliards, concerne des échéances antérieures, tandis que 659 milliards sont liées aux échéances courantes du trimestre. Ce qui montre que l’État s’efforce de respecter ses engagements, anciens comme nouveaux.
À la fin du trimestre, l’encours de la dette publique – le montant total des emprunts en cours, qui n’ont pas encore été remboursés – atteint 7 179,1 milliards de FCFA. Cela représente une augmentation de 87,7 milliards par rapport à la même période de l’année précédente. Cela montre que le Gabon continue d’emprunter pour financer son action publique, mais à un rythme modéré.
Fait intéressant : plus de la moitié de la dette intérieure est portée par le marché financier régional, notamment à travers les OTA. Cela signifie que le gouvernement privilégie des financements locaux via le marché de la CEMAC, ce qui peut limiter son exposition aux risques liés aux fluctuations de taux d’intérêt ou de change sur les marchés internationaux.
Enfin, le tableau statistique révèle que les nouveaux emprunts contractés au cours du premier trimestre s’élèvent à 696,1 milliards de FCFA, soit 77,2 % du plafond annuel, fixé à 902 milliards selon la stratégie d’endettement 2025. En plus clair, dès les trois premiers mois de l’année, le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema a déjà mobilisé plus des trois quarts de sa capacité d’emprunt prévue. Tous ces nouveaux crédits ont été dirigés vers le secteur économique et financier, confirmant la volonté de soutenir les politiques publiques prioritaires.
En résumé, le Gabon affiche un usage soutenu mais maîtrisé de l’endettement, avec une politique financière orientée vers la stabilité, le remboursement des créances existantes et le soutien aux projets de développement.



